Malhonnêteté sémantique

D’abord, Samantha Geimer, l’ex-mannequin avec qui Polanski a eu une relation sexuelle en 1977 (alors qu’elle était âgée de 13 ans), a réclamé plusieurs fois, en vain, l’arrêt des poursuites contre lui.

La manipulation des mots par les défenseurs zélés de Polanski est très désagréable par sa persistance. J’ai cité sur twitter la SACD et l’ »affaire de moeurs ». Ici, la manipulation est plus subtile. En parlant de la victime, l’auteur écrit

« l’ex-mannequin avec qui Polanski a eu une relation sexuelle en 1977 (alors qu’elle était âgée de 13 ans)« 

Le choix des mots « mannequin », « relation sexuelle », la mise entre parenthèses en italique de l’âge de la victime au moment des faits diminuent la gravité des faits. Il ne s’agit plus d’avoir saoulé, drogué et violé une enfant. Il s’agit d’une relation sexuelle avec une ex-mannequin et, ah oui, j’allais oublier de le préciser d’une mineure. La conclusion de la tribune est assez édifiante :

Alors, lorsque quelques-uns réclament un énième procès, il faudrait d’abord leur parler simplement des faits et des procédés.

Quelques-uns sont majoritaires aux États-Unis entre autres semble-t-il et ils ne réclament pas un énième procès, ils réclament l’application de la même justice pour tous. La conclusion pour la posture des défenseurs de Polanski pourrait être :

Alors, lorsque quelques-uns réclament un statut à part, il faudrait d’abord leur parler simplement des faits et de ne pas les déformer par une trop grande habileté sémantique.

Posted via web from xmoisant’s posterous

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