La netcampagne n’aura pas lieu

C’est dans Marianne : un petit papier de Octave Bonnaud qui reprend les analyses d’André Gunther, chercheur à l’école des Hautes Etudes en Sciences sociales. On peut les lire sur son blog dédié à son sujet de recherche l’histoire visuelle.
Le seul évènement notable serait le limogeage d’Alain Duhamel, et qui est loin de constituer un bouleversement politique.

On aura effectivement pas eu de Rather Gate (révélation télévisuelle sur CBS de documents mettant en cause Bush à quelques mois des élections présidentielles de 2004. Les documents s’avèrent être des faux et la mise en cause de leur authenticité est venue des blogs qui ont cherché à en vérifier la véracité.
Une vraie fonction démocratique de factchecking pour les blogs, qui mérite là l’appellation de 5ème pouvoir.

On aura pas non plus eu de candidat porté par les internautes avec la force d’un Howard Dean et son émancipation des appareils politiques.

On aura eu la rumeur (comme aime la pratiquer Birenbaum), les corbeaux avec les images d’archives anachroniques, les débat d’un café du commerce blogospherisé.

On aura pas eu non plus de Daily Kos, de blogueur citoyen à l’ardeur et enthousiasme contagieux.

Qu’on ne se trompe pas. On aurait bien aimé.

On aura surtout assisté à une extension du domaine des partis et à l‘emergence de nouveaux éditorialistes, flattés d’être tenu pour des Duhamel.
C’est finalement aux demi-mondains de la démocratie que cette campagne aura fait le plus de mal…ou le plus de bien.

Cet article a été publié dans campagne(s) 2007. Bookmarker le permalien. Laisser un commentaire ou faire un trackback : URL de trackback.

6 commentaires

  1. Le 18 avril 2007 à 13 h 05 min | Permalien

    Morne cybercampagne

    Décidément, la campagne présidentielle aura été bien décevante. On a pu espérer un temps que le Web serait le lieu des débats espérés.
    Mais, même mon peu dillusions sest envolé. Sil fallait octroyer un Prix du meilleur …

  2. Tchek
    Le 19 avril 2007 à 12 h 09 min | Permalien

    Faut pas exagérer quand même. La blogosphère ne se résume pas aux blogueurs pour lesquels je partage le constat pertinemment exposé. Mais je tiens à souligner que la campgane sur le net a quand même permis à des milliers de citoyens de débattre sur les blogs de ces fameux demi mondains (terme que je reprend avec plaisir). Des propos cafés du commerce, certes, mais des débats politiques de haute tenue, de l’agressivité, des opinions tranchées. De la liberté de parole en quelque sorte. Et ce, à une échelle de plusieurs milliers de personnes.
    Au final, cette campagne est, à ce jour, plus une campagne d’électeurs que de candidats, comme en 1995, ou d’évènements extérieurs, comme en 2002 avec l’insécurité et les médias . Les électeurs ont été sursondés, sur médiatisés, la thématique participative ayant joué à plein. Ce sont les électeurs qui ont utilisé les sondages pour créer les temps forts et non pas les annonces chocs de tel ou tel. A quelques jours du 1er tour, il semble même que les états majors se préparent à toutes les éventualités tellement ils auront été baladés tout au long de cette campagne.
    Pour revenir au net, au final, et c’est tant mieux à mon avis, c’est plus le blog que les bloggeurs qui auront été les vedettes de la net campagne.

  3. Le 22 avril 2007 à 18 h 28 min | Permalien

    Il était des professions de foi…

    Lecture annotée des douze professions de foi. L’impression d’un fourre-tout sur format imposé qui tente, avec plus ou moins d’efficacité, le panorama des thèmes majeurs.

    Le Pen : les « cinq ans désastreux pour notre pays » qu’il décèle lui fait naturellement oublier le passage calamiteux de membres de son parti à la tête de municipalités.

    Schivardi : Son monde aberré. Chez lui, « tout devient possible » en anéantissant la baraque UE, en se torchant avec ses directives, en s’asseyant sur notre signature des traités.

    Bové : l’apologie du pire dans la IVe République (sous couvert du bâton à droite pour faire croire à une VIe) avec « la proportionnelle intégrale ».

    Besancenot : Il faudrait rappeler deux évidences à l’intégriste révolutionnaire : partir de ces pays en s’en remettant aux bonnes volontés nationales, c’est l’assurance d’une guerre civile totale suivie d’une partition de l’Irak, dramatique pour la région, et d’une reprise en main sanguinaire de l’Afghanistan par les talibans.

    Laguiller : Vive la politique de l’autruche-Laguiller qui veut nous retirer des théâtres internationaux pour enfler davantage les services publics intérieurs. Belle preuve de générosité internationaliste !

    Buffet : elle paralyse la raison avec sa fumeuse stigmatisation des « privilégiés », caste (on n’est pas loin de l’accusation ethnique) qui, avec ses « 20 milliards d’Euros » peut se la couler douce « pour 1000 ans ».

    De Villiers : avec son département en bandoulière, avec son programme à œillères et avec son anti-construction européenne, il préjuge de sa qualité à la place de Président par un syllogisme branlant.

    Voynet : « sans pesticides (…) sans OGM (…) sans incinérateurs (…) sans nouvelles autoroutes (…) sans nouvelles centrales nucléaires ». En lisant trop vite la fin, l’attention encore impressionnée par ce cumul, on repère un dernier souhait « sans écologistes ! » certes précédé dans la même phrase par un « On ne fera pas d’écologie ». Si ce n’est pas du nihilisme ça !

    Nihous : il faut « obliger les parlementaires à avoir un mandat local » ! Formidable projet démocratique qui obligerait les électeurs, sans doute avec un canon de fusil de chasse sur la tempe, à élire maire ou conseiller municipal leur p… de député-technocrate.

    Sarkozy-Royal : c’est de l’ordre un peu juste chez l’une et juste de l’ordre chez l’autre ; du tout qui devient possible chez l’un et du possible en tout chez l’autre ; une « France présidente » pour l’une et le « Président d’une France » pour l’autre…

    Bayrou : Ce français François qui, seul, nous adresse, de sa main, son « affection.
    Peut-être que la Révolution tranquille du père Bayrou serait une solution. Votons en affection, pour voir…

    Pour un tour d’horizon intégral, cf. http://pamphletaire.blogspot.com

  4. Le 24 avril 2007 à 0 h 20 min | Permalien

    Non, la netcampagne n’a pas eu lieu… et alors?
    Toujours est-il que Bayrou a gagné sur un point : celui des médias.
    http://www.leblogmedias.com/archive/2007/04/23/bayrou-politique-medias-presidentielle.html

  5. Le 29 avril 2007 à 17 h 27 min | Permalien

    Je ne suis pas d’accord. Ségolène Royal a été portée lors de la campagne interne au Parti Socialiste, en s’appropriant internet et surtout les blogs.

  6. Le 13 septembre 2007 à 15 h 46 min | Permalien

    L’influence du Web en politique est aujourd’hui d’ordre symbolique. Les discours « révolutionnaires » du cinquième pouvoir ont envahis les discours politiques des candidats à la présidentielle de 2007 (république 2.0 de Ségolène Royale, République numérique pour Nicolas Sarkozy et révolution pour François Bayrou)comme autant de références à un nouveau projet de société.

    Cependant, à l’analyse, seuls 1% des internautes sont proactifs lorsque 10% interragissent et 89% sont seulement « passeurs » d’information. Internet qui possède dans ses gènes l’idéal démocratique, qui en a mis en place les structures, permet la médiatisation d’ opinions autrefois confinées mais n’implique malheureusement pas de nouvelles formes de citoyenneté.

    Bref, les révolutionnaires et le cinquième pouvoir ont gagné, provisoirement, comme à chaque apparition d’un nouveau média, la bataille des symboles pour instaurer le mythe athénien dans les projets politiques …

    Au delà de l’émergence d’un cinquième pouvoir, le mythe de l’instanéité propose une nouvelle forme du traitement médiatique. Cette nouvelle bataille de la vitesse autorise les médias traditionnels à propager sur leurs pages des informations brutes, non vérifiée, voir des rumeurs. François Bernard Huyghes parle ainsi de revanche de la communication sur l’information. Internet devrait, dans l’avenir, accentuer le phénomène de la désintermédiatisation. Le Web, au delà des discours révolutionnaires datés, offre ou risque d’offrir pour le politique une capacité de centralisation et de maitrise de ses messages comme jamais…

    La suite :
    http://webdoctors-iscpa.blogspot.com

    Cédric Morel

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