Berlusconi, L’ubermacho au secours du féminisme. ;)

Aucun pays n’a le monopole de la femme objet ; la femme aliénée se rencontre mlheureusement sur toute les rives.

Et si le voile ne menace pas la femme italienne, elle risquait apparemment bien de disparaitre sous la silicone et la bimboïsation.

Mais il semble qu’un point de bascule ait été atteint et les frasques de Berlusconi n’y seraient pas étrangères :
- Le Noemie gate ou « Call me Papounet »
- les photos de sa maison en Sardaigne publié par El Pais en juin qui dessinait les contours d’un simili harem
- la composition de sa liste européenne qui côté femmes ne comportait que des cv « gonflés »: ex lofteuse, animatrice tv, actrice…des femmes représentées pour leurs convictions !

Frasques dont se sont emparées les femmes italiennes, pas seulement les féministes, pour dénoncer, non la moralité du Condotiere, mais un comportement, qui au plus haut niveau de l’Etat contribue à véhiculer et « normer » en terme d’image la présence de la femme dans la sphère publique : hors de la bimbo, il n’y aurait point de salut.

Le torchon brûle au pays de la Mama.

Le mouvement de contestation est en marche et gagne en ampleur. Essais, documentaires, pétitions, plusieurs initiatives convergent et nourrissent le débat.

Des essais d’abord :

ancora dalla parte delle bambine

  • Ancora dalla parte delle bambine (encore du côté de l’enfance)  par la journaliste Loredana Lipperini, ouvrage dans lequel elle pointe la montée du critère physique comme seul critère de réussite chez les jeunes filles. Le corps est le nouveau capital.

Conséquence : les jeunes femmes parlent de chirurgie esthétique de plus en plus en jeune. Et Celles qui sont moins bien « dotées » n’existent pas.

appena ho 18 anni mi rifaccio

  • Appena ho 18 anni mi refaccio (je me fais opérer à ma majorité)  par Cristina Sivieri. Un ouvrage dans lequel l’auteur collecte les témoignages d’adolescents de plus en plus nombreux à avoir recours à la chirurgie esthétique http://www.mirifaccio.com/


  • Un documentaire « Il corpo delle donne », celui par qui le scandale arrive, dont la diffusion a fait le plus débat. Ce documentaire réalisé par une activiste Lorella Zanardo fait la démonstration implacable que l’image de la femme dominante sur les écrans…est celle d’un objet : quelquefois au sens propre d’ailleurs (chaise pour invité (sic) ).

Son procédé est implacable : entre zapping et best of d’images de la RAI et de Mediaset, la chaine publique ne valant pas mieux que le réseau de Berlusconi.

Dali Bob sandberg1

Lorella Zanardo a fait l’objet de nombreuses interviews. Dans toutes ces interviews, elle s’attache à pointer le fait  qu’un homme de couleur mis dans la même situation aurait provoqué les hauts cris des associations des droits de l’homme. Autrement dit, le sexisme est un racisme, non qui s’ignore, mais totalement ignoré en Italie.

Le documentaire est accessible sur le web. Une version anglaise est disponible. Et depuis peu en portuguais.
Le dispositif comprend également un compte twitter et une page Facebook.

  • Deux pétitions

La première remise lors du 2 juin, fête nationale, qui célèbre la création de la République Italienne, au président de la République Giorgio Napolitano qui appelle au respect des femmes par la République : « Per una Repubblica che rispetti le donne ».
Une pétition initiée par des femmes italiennes reconnues : Silvia Costa député européenne,présidente de la commission des droits de la femme au Parlement, Maria Luisa Spaziani, une poétesse préssentie 3 fois pour le prix Nobel de Littérature, Elena Doni, journaliste réputée, cofondatrice d’une association réunissant les femmes écrivaines et journalistes…. et d’autres toutes aussi prestigieuse.

Elles protestent contre « une image dégradante et mercantile de la femme avec la complicité des plus hautes charges de l’état «   (« C’è un’immagine degradata delle donne e mercificata, con la complicità della quarta carica dello Stato »). Clairement en ligne de mire : Berlusconi, en tant que Président du conseil.

Plus de 20 000 signatures recueillies. Un groupe Facebook très actif.

La seconde est intervenue au moment du G8 : une  pétition, davantage relayée par la presse internationale. Initiée par 3 universitaires travaillant sur la question des femmes, elle en appelait aux Premières Dames, les invitant à boycotter l’évènement.   Là encore, un site internet, une page Facebook.

Chacune de ses initiatives prévoit un volet web . Le débat existe à chaque fois en ligne ; des espaces de mobilisation sont prévues. Le site du documentaire renvoie même à un compte Twitter.

Sinon, l’histoire ne dit pas ce que les Noemis and Co pensent de tout ça.

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